Joseph Mbeka Makosso appartient à la première génération de hauts responsables congolais qui ont contribué à la construction de l'État indépendant. Économiste de formation, haut fonctionnaire, négociateur international, ministre et diplomate, il consacra plus de trente années de sa vie au service de la République du Congo, devenue successivement la République démocratique du Congo puis la République du Zaïre.
Diplômé en sciences économiques et financières de l'Université Lovanium, il complète sa formation par un stage de perfectionnement à l'Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) à Paris. Cette double formation fait de lui l'un des premiers économistes congolais appelés à exercer les plus hautes responsabilités nationales et internationales à l'aube de l'indépendance.
En 1960, il participe, en qualité d'expert économique, à la Table ronde économique de Bruxelles aux côtés du Président Joseph Kasa-Vubu, contribuant aux négociations qui définissent les bases économiques du futur État congolais. Quelques semaines plus tard, il rejoint le premier gouvernement de Patrice Lumumba comme Chef de Cabinet du ministère du Plan et de la Coordination économique, avant d'accompagner le Premier ministre en qualité de conseiller économique lors de sa mission officielle aux États-Unis et au Canada.
Au cours des premières années de l'indépendance, Joseph Mbeka Makosso exerce successivement les fonctions de Commissaire général au Plan et aux Affaires économiques, de Secrétaire général aux Affaires économiques, de Président de la Commission économique, financière et monétaire de la Conférence nationale de Coquilhatville, de Chef de la délégation congolaise aux Nations Unies et de Président de la délégation chargée des négociations du contentieux belgo-congolais. À travers ces responsabilités, il contribue à défendre les intérêts économiques, financiers et diplomatiques du jeune État congolais dans un contexte marqué par les défis de l'indépendance.
En juillet 1961, le Président Joseph Kasa-Vubu le nomme premier Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire et Représentant permanent de la République du Congo auprès de la Communauté économique européenne (CEE) à Bruxelles. Cette nomination fait de lui le premier représentant permanent du Congo auprès des institutions européennes. Il contribue à établir les premières relations diplomatiques, économiques et institutionnelles entre le Congo indépendant et la Communauté économique européenne, ouvrant une nouvelle étape dans la diplomatie congolaise.
À la suite de l'arrivée au pouvoir du Président Mobutu Sese Seko, Joseph Mbeka Makosso est nommé premier Directeur de Cabinet de la Présidence de la République. Il participe à l'organisation de la nouvelle Présidence et prend part, selon les analyses du Centre de recherche et d'information socio-politiques (CRISP), à la politique de reconquête de la souveraineté économique nationale, qui conduit notamment à l'adoption de la loi Bakajika, consacrant la souveraineté permanente de l'État sur les ressources naturelles du pays.
Sa carrière diplomatique se poursuit en qualité d'Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire en France, où il contribue au renforcement des relations entre Kinshasa et Paris. Au cours de cette mission, il conduit, au nom de l'État congolais, l'acquisition de l'hôtel particulier qui devient le siège permanent de l'Ambassade de la République démocratique du Congo à Paris, assurant à la diplomatie congolaise une implantation durable dans la capitale française.
Il est ensuite nommé Vice-ministre du Budget, puis Vice-ministre de l'Économie nationale, avant d'être promu Ministre de l'Économie nationale et de l'Industrie, participant à la conduite de la politique économique du Zaïre au début des années 1970.
En 1973, il est nommé Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Zaïre en République fédérale d'Allemagne, puis, le 17 janvier 1974, Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Zaïre auprès des États-Unis d'Amérique. À Washington, il représente également son pays auprès de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI).
Selon les archives de la famille Joseph Mbeka Makosso, corroborées par les archives de la famille de l'ingénieur Lambert Tchomba Somwa Kimbayo ainsi que par les recherches de l'historien Franklin Mokho, Joseph Mbeka Makosso est à l'origine de l'initiative diplomatique ayant conduit à l'organisation à Kinshasa du championnat du monde des poids lourds opposant Muhammad Ali à George Foreman, le légendaire « Rumble in the Jungle » du 30 octobre 1974. Alors qu'il exerce les fonctions d'Ambassadeur du Zaïre aux États-Unis, il apprend que le promoteur Don King recherche un État susceptible d'accueillir le combat. Convaincu du potentiel exceptionnel d'un tel événement pour le rayonnement du pays, il propose au Président Mobutu Sese Seko d'en faire un instrument de soft power, destiné à renforcer le prestige et la visibilité internationale du Zaïre. Cette initiative contribue à faire de Kinshasa le théâtre de l'un des plus grands événements sportifs du XXᵉ siècle. La retransmission mondiale du combat est rendue possible grâce au travail de l'ingénieur Lambert Tchomba Somwa Kimbayo, qui remet en service la station terrienne de la N'Sele.
Joseph Mbeka Makosso poursuit ensuite sa carrière comme Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire en Iran. En 1978, à la suite des deux guerres du Shaba, il démissionne de ses fonctions diplomatiques après avoir alerté les autorités sur la gravité de la situation sécuritaire dans l'Est du pays. Entré en opposition avec le régime, ses biens sont confisqués et il s'exile en Belgique.
À la faveur de l'amnistie présidentielle de 1983, il met fin à son exil politique et regagne le Zaïre. En 1988, il est nommé Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Zaïre au Canada, renouvant ainsi avec les plus hautes responsabilités diplomatiques.
Tout au long de sa carrière, Joseph Mbeka Makosso reçoit plusieurs distinctions honorifiques, notamment les titres de Commandeur de l'Ordre national du Léopard et de Commandeur de l'Ordre national de Côte d'Ivoire, en reconnaissance de son engagement au service de l'État.
Économiste visionnaire, diplomate de premier plan, haut fonctionnaire, ministre et bâtisseur de l'État, Joseph Mbeka Makosso demeure l'une des grandes figures de l'histoire politique, économique et diplomatique du Congo. Son parcours accompagne les principales étapes de la construction des institutions nationales, de la consolidation de la souveraineté économique, du développement de la diplomatie congolaise et du rayonnement international du pays durant les premières décennies de son indépendance. Son action continue d'illustrer l'engagement d'un homme d'État qui plaça, tout au long de sa carrière, l'intérêt supérieur de la Nation au cœur de son action publique.